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Traversée Italie septembre 2015

15/03/2015 00:23Benoît G

Bonjour à tous !


Je suis en train d'envisager un grand projet pour septembre 2015. Je compte prendre quelques mois en sabbatique entre la fin de mes études et le début de la vie active, et j'ai donc pour ambition de partir de chez moi, à Montpellier, pour me rendre jusqu'en Sicile, le tout en vélo.

L'idée serait de faire cela comme je l'ai toujours fait, c'est-à-dire avec une quinzaine de kg de bagages, une tente pour dormir en camping, dans des champs ou chez l'habitant et pas grand-chose d'autre.
J'ai déjà une idée assez précise du parcours (en tous cas pour le début), mais je viens vers vous pour quelques précieux conseils ! Peut-être connaissez-vous quelques routes, ascensions ou adresses dna sles régions que je visiterai qui mériteraient une visite ! Peut-être pourrez-vous aussi m'informer sur les régions qui peuvent être pénibles (je parle là de la météo en automne) sur le parcours...

Je compte faire des tranches entre 3 et 5 jours de vélo consécutifs (étapes de 70 à 100 km en gros) et m'arrêter entre un et trois jours dans les endroits qui le méritent. Je vous présente (en gros) le parcours que je compte faire :
-en France, Montpellier-Marseille-Toulon-Draguignan puis passage en Italie par la Lombarde ;
-Ensuite, l'arrière-pays de la Ligurie jusqu'aux Cinqueterre;
-La Spezia-Florence par les Apennins (le Passo Vestito avec vue sur la mer a l'air superbe);
-Florence-Sienne-Pérouse par le Chianti et quelques stradebianche;
-Pérouse-l'Aquila en passant par le Terminillo côté "court" ;
-L'Aquila-Le pied du Blockhaus (et donc le Blockhaus sans bagages si le temps le permet) via le Gran Sasso et les Abruzzes
-Le Blockhaus-Naples (avec la montée du Vésuve sans bagages)
-Naples-Reggio de Calabria puis passage en Sicile
-Et enfin, l'Etna en Sicile avant de traverser par l'intérieur et finir à Palerme pour un retour à Gênes en ferry !
J'ai une idée assez précise de ce que je voudrais faire jusqu'au Blockhaus, je n'ai pas encore regardé après. Je devrais le faire sous peu.

Voilà vous savez à peu près tout, je vous remercie d'avance pour vos conseils, informations et avis !


Benoît

15/03/2015 21:07Jean-luc L

Salut Benoît,
je suis montpelliérain comme toi et j'ai également prévu de traverser l'Italie (du sud au nord par contre) mais seulement en 2017 (j'ai d'autres projets d'ici là).
Mes périples sont exclusivement montagneux avec plus de kms au quotidien (pas de sacoches à transporter car un ami suit en voiture).
Ayant déjà travaillé un peu sur le projet, j'ai programmé 3 jours en Sicile puis passage en Calabre (avec massif de La Sila) puis Parc National du Pollino, puis Côte Amalfitaine, Vésuve, grosse partie dans les Apennins, Assise, Saint-Marin, Toscane, Cinqueterre, Gênes et Ligurie.
J'ai recensé un sacré paquet de cols et ascensions (dont les plus célèbres) sur tout le périple dont je peux te faire part si tu le souhaites.
De mon côté, je serai intéressé par ton retour d'expérience avec les sites et cols à ne surtout pas manquer !
Bonne prépa en tout cas

17/03/2015 00:34Benoît G

Bonjour Jean-Luc,

Merci beaucoup pour ta réponse ! Je vois que nous avons prévu à peu près le même programme en sens inverse... :-) Oui ce serait chouette que tu m'envoies les ascensions que auxquelles tu as pensé, même si nous ne ne feront sans doute pas dans le même sens, du coup... Je vais déjà regarder les endroits dont tu me parles pour voir si ça colle avec ce que je pensais faire.
J'ai pour habitude d'écrire un journal lorsque je voyage, je te ferai donc part de mon retour avec très grand plaisir !
Merci encore en tous cas !

Benoît

17/03/2015 09:38Jean-luc L

Re Benoît,

va sur mon blog = http://lesbaroudeursenvadrouille.wordpress.com et laisse moi un message avec ta messagerie perso.
Je t'enverrai le détail des étapes déjà programmées même si certaines ne sont pas encore bien ficelées.

A plouch

17/04/2015 21:53Yves B

Salut Benoit,

Si tu en as l'occasion, je te conseille les environs de Bormio, au nord à la limite des Grisons (Suisse). Tu y trouveras le Stelvio, le Gavia et le Mortirolo, les 2 premiers sont longs et splendides et le troisième un peu plus court, moins joli, mais le défi est hors norme vu les pourcentages et surtout il est mythique.

18/04/2015 14:36Pierre V

A tout hasard un moins connu: le Monte Amiata (1750 m) à la limite de l'Ombrie du Latium et de la Toscane. 4 ou 5 possibilités de montées différentes d'un bon niveau. Mais ça te fait court-circuiter Pérouse.

18/04/2015 14:53Pierre V

Sinon de Sienne à Pérouse, un (petit) détour par la route de "Le Crete" (vers Asciano) s?impose. Très tranquille dans un paysage de collines typiquement Toscan.
L'Etna: si possible s'offrir toute la traversée Nord-Sud (ou inversement) de Linguaglossa à Catane en passant par Zafferana et Sapienza.

19/04/2015 14:26Pierre V

De Naples à Salerne, 2 solutions:

- prendre la côte par la presqu'ile de Sorrento et la côte Amalfitaine. Magnifique. Inconvénient: la circulation auto y est infernale.

- couper la presqu'ile par Nocera, San Egidio et le Valico de Chiunzi (9 km à environ 7%) pour rejoindre l'extrémité Est de la côte Amalfitaine dans sa partie la moins encombrée. Grandiose panorama dans la montée du Valico sur le Vésuve, Naples et sa baie puis sur la côte Amalfitaine dans la descente.

24/04/2015 23:07Benoît G

Salut Yves et Pierre,

Je vous remercie pour vos réponses !
Yves, je sais bien que cet endroit fourmille de montées légendaires, mais cela nécessiterait un sacré détour pour m'y rendre, d'autant que j'ai peur que la météo ne soit pas très favorable en fin de saison... Peut-être lors d'un prochain voyage, je l'espère !
Pierre, merci pour tes infos ! Je vais retenir la route au-delà de Sienne si tu me la conseilles ainsi que les deux autres ascensions. Je peux peut-être ne pas court-circuiter Pérouse tout en faisant l'ascension dont tu me parles ? Cela rajouterait une étape mais je ne pense pas que cela soit un problème. Pour la Côte Amalfitaine, j'avais effectivement envisagé

24/04/2015 23:10Benoît G

(suite) le col de Chiunzi qui me semblait très beau. Jean-Luc évoquait aussi une autre montée, le Monte Faito, plus à l'Ouest, pour traverser la presqu'île. Elle a l'air courte mais très raide. Est-ce que tu la connais ?
Connais-tu aussi des routes vers la Ligurie qui valent vraiment le coup ? J'ai l'impression que l'arrière-pays est surtout forestier...
Encore merci pour votre aide en tous cas !

Benoît

25/04/2015 19:57Pierre V

Benoit,

Pour la Ligurie, je n'ai rien d?intéressant à te proposer.

Pour l'étape Sienne - L'Aquila par Pérouse, le détour par le Monte-Amiata met plutôt l'accent sur le côté sportif, encore que cette montée n'a rien de monstrueux. D'un point de vue plus touristique, des petites villes comme Orvieto, Todi, Spolète, Rieti ou encore Assise et Foligno sont de véritables bijoux. Comme souvent en Italie, il n'y a que l'embarras du choix. A toi de voir !

Pour le secteur de Naples, il semble que tu vas arriver par le nord et l'intérieur du pays. Si tu es fan du style Versailles, la "Reggia" de Caserte est sa version italienne (personnellement, comme à Versailles, je préfère les jardins aux bâtiments).
Pour la côte amalfitaine, je ne connais pas l'itinéraire par le Monte Faito.
Une suggestion: prendre le Valico de Chiunzi, descendre sur Atrani par Ravello puis faire la côte Amalfitaine en aller retour - mieux vaut la voir 2 fois qu'une - jusqu'à Positano.

En Sicile, si tu comptes aller de Catane à Palerme, un petit détour par Caltagirone (spécialisée dans la céramique) et Piazza Armerina (magnifique "villa" romaine) peut s'envisager. Les Siciliens sont des gens très accueillants.

Je te souhaite de concrétiser ton très beau projet.

28/04/2015 18:13Benoît G

Bonjour Pierre,
Merci encore pour toutes ces infos et tes encouragements ! :-) Je tiens à ce projet donc je vais tout faire pour que ça se concrétise !
Je vais regarder tout ce que tu me dis et faire au mieux... Si tu penses à autre chose entretemps n'hésite pas, tous les conseils et infos sont les bienvenus !
Merci encore !

08/12/2015 16:55Benoît G

Et voilà, le périple de Montpellier à Palerme s'est achevé la semaine dernière après deux mois et demi de pédalage, de visites de villes somptueuses et de nuits sous la tente.
Ce fut en tous cas un superbe voyage avec quelques magnifiques découvertes. J'ai plus ou moins suivi le programme que je vous avais annoncé, hormis les Abruzzes où j'ai dû tirer plus directement que prévu vers Naples et laisser tomber des massifs tels que le Gran Sasso ou la Majella. Niveau météo cela a été juste fantastique, malgré une légère dégradation sur la fin et bien sûr la tombée de la nuit et de l'humidité dès 17h qui a parfois été difficile.
Je vais tâcher d'envoyer à Florent les caractéristiques d'un certain nombre de montées que j'ai pu gravir et qui à mes yeux valent le coup, notamment dans les Abruzzes ou le Sud de l'Italie.
Merci à vous en tous cas pour vos différents conseils et votre soutien. Si certains coins que j'ai visités vous intéressent je peux évidemment tâcher de vous donner quelques informations complémentaires (difficultés des montées, hébergement, qualité de la route, ou autres).
Merci encore !

08/12/2015 19:02Pierre V

Chapeau!!!! Un truc que j'aurais aimé faire (je n'ai plus l'age).
Ce serait bien que tu nous en dises (ou montres) un peu plus, non ?

11/12/2015 10:43Benoît G

Merci Pierre pour ton message ! Eh bien oui, avec plaisir, je peux vous en dire un peu plus ! :-) Je tâcherai de publier des photos sur les différentes montées du site pour montrer un peu à quoi ça ressemble...

Des chiffres, d'abord... Environ 4100 km, 54 étapes en deux mois et demi, avec des arrêts de quelques jours dans les coins qui le méritaient ou où j'avais besoin de me reposer (Cinqueterre, Florence, Naples, Catane, Palerme). Relativement peu de problèmes techniques (j'ai eu de la chance), même si mon mode de voyage charge un peu trop la roue arrière (j'ai des pneus type route), ce qui a occasionné quelques bris de rayon et crevaisons, ainsi qu'une usure très rapide du pneu arrière que j'ai dû changer deux fois (et qui a occasionné trois gamelles sur route mouillée).

Niveau météo, je ne sais pas si je suis tombé sur une année exceptionnelle ou si c'est toujours comme ça, mais ça a été le rêve ! J'ai eu droit à une véritable tempête en arrivant à Florence, mais à part ça un temps merveilleux et des couleurs d'automne qui m'ont suivi jusqu'en Sicile, sauf à la toute fin où le début de l'hiver s'est bien fait sentir.

J'ai trouvé que dans ce type de voyage l'usure était plus mentale que physique, surtout après le passage à l'heure d'hiver. Avec la nuit, le froid et l'humidité qui tombaient à 17h (Est du fuseau horaire, je n'y avais pas du tout pensé), il fallait que je sois installé plus de 2h avant pour être tranquille. Les longues soirées en solo pesaient un peu parfois. Au bout d'un moment, c'est un peu difficile. Je me suis quand même un peu facilité les choses en dormant plus souvent en dur sur la fin. Niveau forme, c'est allé crescendo ! J'ai fait des étapes à la fin que je ne m'estimais pas capable de faire quelques semaines auparavant.
J'ai fait quelques rencontres (une dame dans le Cilento m'a ouvert une ancienne école avec des lits pour que j'y passe la nuit), mais moins que ce que j'aurais espéré. La barrière de la langue a dû y faire quelque chose, vu que je ne parlais pas un mot d'italien en partant. J'ai (un peu) appris sur le tas !

Les routes italiennes sont assez fidèles à leur réputation ! Quelques coins horriblement raides (Cinqueterre en particulier), et un état qui se dégrade rapidement en allant vers le Sud. Les prémices sont en Ombrie, mais j'ai trouvé que la limite marquée se situait à l'entrée en Campanie (pour l'état des villes aussi d'ailleurs, c'est à partir de là que l'habitat devient beaucoup moins soigné et que les bâtiments non finis et à moitié à l'abandon fleurissent). Dans quelques coins reculés on a parfois l'impression de faire du VTT sur des routes provinciales (équivalent des départementales en France). Il y a aussi des chiens en liberté partout, ça non plus je n'y avais pas pensé. Je ne me suis pas fait attaquer, mais les clebs qui te poursuivent la bave aux lèvres à quelques centimètres de tes mollets sur quelques centaines de mètres ce n'était pas très rassurant, et ça m'est arrivé des dizaines de fois !

Je suis très heureux d'avoir découvert quelques bijoux de ce beau pays. Les villes du centre sont vraiment incroyables. J'ai préféré Sienne et Pérouse à Florence, car leur situation est remarquable et je les ai trouvées plus à "taille humaine". Plus généralement, la plaine qui va de Pérouse à Spolète est impressionnante en termes de densité de sites à voir. Je n'ai pas pu tous les faire ! Le tourisme hors-saison avait aussi du bon... Dans un autre style, les Cinqueterre et certaines villes du Sud (Naples, Palerme) valent aussi le détour.

Après la traversée des Apennins, j'ai eu droit à quelques aventures "cliché" de l'Italie du Sud, du style l'automobiliste qui s'arrête en plein milieu d'un rond-point ou d'un virage pour m'interroger d'un air enthousiaste sur mon voyage !
Je n'ai pas trouvé que la conduite était un frein à la pratique du vélo. Bon, OK c'est l'anarchie, mais il n'y a pas du tout l'agressivité qu'il peut y avoir quelquefois en France, et les comportements des gens sont finalement assez prévisibles.

J'ai été scotché par la beauté de l'Etna. Cet endroit par beau temps est un festival de couleurs, avec le blanc de la neige, le vert des forêts, le jaune des herbes qui poussent sur le basalte et le noir qui domine est presque irréel. C'est vraiment dépaysant. Quel endroit pour (presque) conclure un voyage !

J'ai tâché de suivre quelques-unes de te suggestions, Pierre... La route de Le Crete est effectivement superbe mais vraiment difficile, avec ces petites côtes sèches qui n'en finissent pas ! J'avais prévu un peu trop pour cette étape. L'AR sur la côte Amalfitaine a lui aussi été un beau moment, même si je pense que ça doit être intenable en été. Par contre en Sicile, avec la fatigue j'ai préféré tracer tout droit à partir de Catane. Le centre est une région un peu perdue, méconnue, mais très agréable à traverser en vélo avec ses hautes collines dénudées qui permettent de voir très loin.

En tous cas, je souhaitais me vider l'esprit avant de commencer à travailler, c'est chose faite ! Pour le moment j'ai juste envie de récupérer mais je pense que ça va me donner envie de repartir sous peu... Merci encore pour vos conseils en tous cas, et à Florent pour la qualité de ce site que j'ai consulté fréquemment pour la partie du voyage en France.

11/12/2015 18:13Armel G

Bravo pour ton périple !!!!
Comme Pierre, ça me fait aussi envie mais difficilement envisageable avec le boulot, les enfants et l'âge....pffff, faut vraiment en profiter tant qu'on peut surtout pour ce type d?aventure grandiose.
Félicitation. J'attends avec impatience tes photos.

14/12/2015 16:05Florent L

Je suis heureux de savoir que mon site t'ai aidé dans la planification de ton voyage ... dont tu reviens avec plein de souvenirs.
Félicitations pour ton courage (oser partir longtemps dans l'inconnu et l?inconfort) et pour la performance sportive.

15/12/2015 18:57Benoît G

Merci beaucoup pour vos messages ! Les photos ne vont pas tarder à arriver.

15/12/2015 19:10Pierre V

Par pure curiosité, ton itinéraire entre Sienne et Naples, puis à travers la Sicile m?intéresse beaucoup... Peux tu le préciser ? Merci.

16/12/2015 22:55Benoît G

Bonsoir Pierre,

Oui, avec plaisir !

J'ai relié Sienne à Naples en 8 étapes :
-d'abord, deux jours à travers les collines toscanes puis en longeant le Sud du Lac Trasimène vers Pérouse où je suis resté une journée pour visiter (ville magnifique, presque aussi belle que Sienne à mes yeux), avec une nuit au bord du petit lac de Chiusi,
-ensuite, six jours presque directs vers Naples en évitant Rome, en suivant en gros une orientation Sud-Est.
Le premier jour, j'ai traversé la plaine qui court jusqu'à Spolète puis j'ai franchi un premier petit col des Apennins, la Forca de Serro. La vallée suivante est étroite est sauvage, un très bel endroit. C'est là que j'ai passé la nuit. La deuxième étape m'a permis de relier cette vallée au Monte Terminillo, via un autre col, la Forca Capistrelli, là encore magnifique.
Je voulais au départ repartir ensuite vers le Nord vers l'Aquila pour traverser le Gran Sasso et la Majella, mais j'ai dû tracer ma route plus directement car mon père devait me rejoindre à Naples pour quelques jours. J'ai dormi la troisième nuit à Tagliacozzo puis j'ai dû traverser la grosse plaine agricole d'Avezzano, pas très agréable. Par contre, après, le trajet était superbe : traversée du Parc des Abruzzes par le Passo del Diavolo jusqu'au village de Barrea au-dessus d'un lac, puis longue descente vers le Matese où j'ai fait un petit détour. Le dernier jour, je suis passé par Caserte (je n'ai pu que jeter un coup d'oeil en passant à la Reggia, dont la façade était malheureusement en rénovation), j'ai contourné le Vésuve par l'Est pour arriver à Pompéi d'où j'ai pu aller visiter Naples sans y entrer avec le vélo et gravir le Vésuve...

Pour la Sicile, l'un de mes "must" du voyage était bien évidemment l'Etna... Je suis arrivé par Messine et descendu à Catane en suivant la côte, puis en faisant les deux ascensions à vide (je campais en bord de mer). De Catane à Palerme comme je vous l'indiquais, j'ai tracé une route assez directe par l'intérieur des terres, après avoir longé le Sud de l'Etna. J'ai visé les villages de Regalbuto puis de Petralia. C'est là que j'ai traversé ces fameuses hautes collines décapées, vraiment de très beaux paysages avec le volcan que l'on devinait en fond malgré le temps un peu moche. Pour finir, j'ai rejoint la côte à Cefalu puis l'ai longée jusqu'à Palerme... Pas la plus agréable des étapes, mais sans doute le moyen le plus rapide d'y arriver ! Je me suis offert un petit épilogue en boucle au-dessus de Palerme vers le petit port de Mondello et la magnifique cathédrale de Monreale.

Voilà, tu sais tout ! Si les tracés précis t'intéressent je pourrai t'envoyer les références Openrunner.

24/04/2016 08:23Laurent G



Bonjour Benoit,
Bravo à toi pour ton périple mais aussi pour le récit, cela fait véritablement envie.
Pour ma part, je compte rallier Naples à la Calabre fin septembre de cette année avec mon épouse, si tu sa déjà quelques tracés sur Open Runner (et conseils), je suis intéressé. D'avance merci et bonne route à toi. Laurent

28/04/2016 23:59Benoît G

Bonjour Laurent,

Je peux t'envoyer avec plaisir mes profils Openrunner (identifiants des itinéraires ci-dessous). Pour info, cela fait 15 étapes tout rond dont les longueurs varient entre 40 et 120 km, de Pompéi à Villa San Giovanni (port en face de Messine). Cela fait une grande amplitude car j'ai passé la première semaine jusqu'à Sapri (port à la limite de la Campanie) avec mon père qui était un peu moins en forme que moi !

Les étapes se décomposent ainsi par massif :
-de Pompéi à Paestum avec un AR sur la Côte Amalfitaine (ID 4588168, 5537876 et 5538107);
-de Paestum à Sapri avec la traversée du Cilento (5538136, 5538276, 5538479);
-de Sapri à Rossano par le Pollino (5540569, 5540783);
-de Rossano à Catanzaro par la Sila (5540848, 5542831, 5542909);
-de Catanzaro à Villa San Giovanni par les Serre et l'Aspromonte (5542966, 5543196, 5545398, 5546876).

Il est possible de monter au Vésuve en vélo, par une montée courte et raide. Difficile d'arriver jusqu'au pied (c'est de la banlieue dense), mais après c'est magnifique. Il est possible de finir à pieds jusqu'au bord du cratère.
J'ai peur que la traversée de la Côte Amalfitaine soit un peu pénible fin septembre car je pense que c'est encore un peu tôt dans la saison touristique. Il n'y a qu'une route pour tout le trafic, et même en novembre il était assez conséquent ! Après, l'endroit est superbe donc c'est vrai que l'arbitrage est difficile.

Pour les conseils et infos, tout dépend évidemment de ce que vous comptez faire ! Comment comptez-vous vous loger ? Quelles distances d'étapes planifiez-vous ? Est-ce que vous visez plutôt la traversée de massifs ou bien comptez-vous plutôt suivre la côte ?

De manière générale :
-il vaut mieux, je pense, éviter de rentrer dans les villes en vélo (surtout Naples !) même si encore une fois le comportement des automobilistes est assez "prévisible" (contrairement aux scooters qui sont une plaie) et surtout beaucoup moins agressif que dans certains endroits en France ;
-le golfe de Salerne est à éviter. C'est tout plat et très glauque. Avant que je sache que mon père allait me rejoindre je comptais suivre le piémont, mais on a finalement tracé une route plus directe mais beaucoup moins agréable. Par contre, le site de Paestum est vraiment à faire (au soleil couchant, si possible) !
-pour le logement, les campings sont quasiment tous en bord de mer, proches des nationales et des voies ferrées. Il y en a quelques-uns à l'intérieur des terres mais ils ferment visiblement très tôt dans la saison ! A noter d'ailleurs que même si le terrain est indiqué ouvert toute l'année, il vaut mieux vérifier par téléphone... Je me suis fait avoir quatre ou cinq fois quand même. Dans chaque village ou presque vous trouverez sans aucun problème des agriturismi (chambres d'hôtes), bed and breakfasts voire hôtels. Dans les deux premiers cas il vaut mieux réserver avant car les propriétaires ne logent pas forcément sur place.
-les routes littorales sont des Nationales assez fréquentées, ce n'est pas super pour le vélo. La Côte Ionienne ne vaut pas le coup (succession de stations balnéaires sans charme aux pieds des massifs qui pour le coup sont vraiment beaux), la côte tyrrhénienne est plus accidentée. Dans les massifs les routes peuvent être très dégradées, en particulier dans le Cilento.
-globalement les massifs ne sont pas extrêmement variés. Il s'agit presque toujours de moyenne montagne, les altitudes dépassent rarement les 1500 m. La plupart des montées partent de la mer, montent dans les oliviers et finissent dans la forêt dense. Ce que je veux dire, c'est que je ne pense pas que cela soit la peine de multiplier les montées dans un seul massif. Tout dépend de ce que vous voulez faire !
-le long des côtes, il y a quasiment toujours une voie ferrée. Ca peut être pratique pour éviter certains coins comme le golfe de Salerne. Il est possible de prendre les TER locaux (les Regionale des FS) avec le vélo non démonté en payant une somme modique en plus du billet. Par contre, il n'est pas possible de prendre les autres trains à plus grand parcours (IC) sauf en démontant le vélo et en le mettant dans une housse... Théoriquement il est interdit de mettre le vélo dans la Circumvesuviana (le RER napolitain) mais je n'ai eu aucun problème quand je l'ai fait et je n'ai pas été le seul...

Pour finir, j'ai eu trois coups de c?ur pour les massifs traversés.
Le premier,c'est le Pollino. Le Colle del Dragone (au-dessus du village de Rotonda) est superbe mais peut être très dur selon les variantes. C'est perdu, il n'y a personne et c'est très varié, avec en plus vue sur la mer sur le versant Sud.
L'autre, c'est la partie Sud de la Sila (ce qu'on appelle la Sila Piccola, au Sud de la station de Camigliatello Silano). C'est une sorte de plateau escarpé avec des forêts denses de sapins et des lacs, et très peu de villages. Quelques routes magnifiques et une montée assez facile depuis le Nord (nettement plus dure depuis le Sud) jusqu'au sommet, le Monte Botte Donato, d'où l'on voit jusqu'à l'Etna par beau temps.
Le dernier, c'est la partie Sud du Cilento, entre les villages de Laurino et de Laurito. Des décors très variés qui vont de la moyenne montagne aux massifs maritimes. La montée de la Croce di Pruno via Piaggine est très belle dans le genre perdu et irrégulier.

Voilà ! J'ai fait un fichier Excel avec l'ensemble des étapes et des ascensions (avec cartes et profils), si cela t'intéresse tu peux m'écrire à mon adresse perso (bgarnier@hotmail.fr) pour que je te les envoie. Je peux aussi te fournir quelques adresses de logement si tu le souhaites.

En espérant que cela te sera utile ! N'hésite pas si tu souhaites d'autres précisions. En espérant que vous apprécierez ces régions autant que moi.

27/06/2019 15:58P F

Bonjour,

Je me permets de remonter ce sujet, ça m'intéresse beaucoup !

Plus concrètement, comment t'es-tu organisé pour le "logement" ? Avais-tu quelques nuits en Hôtel ? Ou juste tu plantais ta tente au beau milieu de nulle part ? Si oui, comment t'y prenais-tu pour choisir l'endroit et éviter de tomber sur des coins un peu trop glauques.

merci

06/07/2019 00:16Benoît G

Salut PF,

Désolé pour le délai de réponse ! Tu comptes partir en périple dans ce coin ? Si c'est le cas je te souhaite bon courage, tu vas te régaler !

Alors pour le logement, déjà il faut dire que j'avais de la famille à presque chaque étape en France, donc la question ne s'est posée qu'à partir de mon passage en Italie. J'avais toutes mes affaires de camping sur le porte-bagages (tente, réchaud, nourriture), et au début je n'ai fait que camper, en faisant mes courses de nourriture au jour le jour. J'avais tracé mes étapes en amont et repéré à peu près les endroits où je pourrais trouver un camping ouvert (beaucoup plus facile au début qu'à la fin, vu que j'ai voyagé de septembre à décembre !). Petit point intéressant, les tarifs ne sont pas des forfaits (le prix des tentes, des emplacements, des véhicules, etc. s'ajoute), donc c'est souvent plus intéressant qu'en France pour un cycliste seul... mais beaucoup plus cher à plusieurs par exemple.
J'avais décidé de me débrouiller dans les autres cas, et j'ai donc fait du camping sauvage sur une demi-douzaine d'étapes.

Comment trouver son endroit ? Alors pour moi le strict minimum était d'avoir un point d'eau pas trop loin, histoire de ne pas avoir à me rationner et de pouvoir cuisiner : le plat de pâtes chaud était assez inestimable le soir venu ! J'étais donc dans la plupart des cas assez près de villages ou d'endroits occupés (comme le Lac de Chiusi entre Sienne et Pérouse). J'avais entendu parler de cyclistes dégagés par le propriétaire du champ à 5h du matin, et je voulais absolument éviter cela ! Donc, à chaque fois, je m'arrangeais pour trouver le propriétaire du champ ou de la parcelle. Comme je n'étais pas loin d'habitations, c'était facile, et j'ai pu passer des nuits plutôt paisibles avec la bénédiction des proprios. Je n'ai jamais eu de refus, il y a juste une fois où j'ai échoué à trouver le proprio d'un champ d'oliviers, et j'ai fini à l'hôtel pour cause d'orage. Gaffe aux bords de rivières qui peuvent tremper tes affaires.
La seule exception a été au Monte Beigua, où j'ai dormi au sommet sans rien demander à personne. Seul sous la tente avec un vent à décorner les bœufs, ça n'a pas été mon meilleur moment ! Mais ça fait des souvenirs, d'autant que j'avais face à moi les lumières de la Côte Ligure en enfilade...

Dans la seconde partie du voyage, on était passé à l'heure d'hiver (ça compte) et j'en ai vite eu un peu assez de devoir chercher où dormir à partir de 14h. Du coup j'ai dormi en dur plus souvent qu'à mon tour, et ça ne m'a pas coûté trop cher (les prix dans le Sud sont très acceptables et en plus on était hors-saison). Il y a des Bed and Breakfasts quasiment partout, mais il faut réserver en amont par téléphone car les proprios ne vivent pas toujours sur place. Plus cher, l'agriturismo peut aussi faire le dîner. Enfin, dans les villes, l'auberge de jeunesse peut être une bonne solution. J4ai fait ça à Florence et à Palerme notamment.

Deux petits conseils supplémentaires :
-si tu voyages hors-saison et que tu cherches les campings ouverts à l'année, méfie-toi ! Il y en a beaucoup indiqués ouverts sur Internet, mais près du tiers étaient en fait fermés quand je suis arrivé. Et là, j'ai eu quelques mauvaises expériences, dont une nuit sur une plage avec un trafic pas très net juste à côté de moi. J'étais parti avant le lever du soleil le lendemain matin ! Il y a aussi une fois où j'ai dû prolonger mon étape de 30 km pour trouver un terrain. Le mieux est donc probablement de téléphoner en amont pour s'assurer que le point de chute est ouvert.
-ne pas hésiter à demander si tu galères ! Comme je le disais plus haut, je n'ai jamais eu de refus, et tu peux même avoir de belles surprises ! J'ai comme ça été invité à dîner chez des gens qui gardaient un camping, et j'ai même dormi dans un lit après une douche chaude un jour où je ne m'y attendais pas du tout, au beau milieu du Cilento ! J'étais avec mon père, on avait visé une étape trop longue, donc j'ai demandé à une dame s'il y avait une solution. De relation en relation, elle m'a fait ouvrir une ancienne école qui servait de base pour cantonniers. :-)