Glacier de Mont de Lans : 3200 m

depuis Le Clapier

VTT   ATTENTION : cette ascension nécéssite l'utilisation d'un VTT
Nom : Glacier de Mont de Lans
Altitude : 3200 m
Départ : Le Clapier
VTT : ATTENTION : cette ascension nécéssite l'utilisation d'un VTT
Longueur : 27.00 km
Dénivellation : 2270 m
% Moyen : 8.41%
% Maximal : 20.0%
Massif : Ecrins, France

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00:00:00Idris R

Ascension réalisée en août 2019 en VTC lors d'un périple itinérant de plusieurs jours dans les Alpes (le VTC était le meilleur compromis).

En un mot : à part.

ça change complètement de ce qu'on a l'habitude de grimper habituellement.

Les 14,5 km sur la piste présentent un vrai défi physique.
Cependant, il s'agit vraiment d'une piste pour VTT. Je l'ai faite en VTC et je ne m'amusais pas et encore moins dans la descente très périlleuse (1h35 pour faire la descente) où j'ai vraiment regretté de ne pas avoir de VTT.
Les premiers kilomètres jusqu'à la première gare du Jandri express permettent de se mettre dans l'élément. Mais juste après, ça se corse énormément. Le décor devient lunaire et très poussiéreux (une véritable impression d'être sur la Lune dans de la poussière de roche) et à un moment on se retrouve au pied d'une courbe monstrueuse où la pente va monter jusqu'à plus de 25 % (mon compteur a indiqué jusqu'à 30 %). J'ai dû mettre pied à terre à cet endroit pour pousser le vélo.
Le défi consiste vraiment à garder l'envie d'appuyer sur les pédales et de se faire mal aux cuisses.
Contrairement aux ascensions goudronnées où on a l'impression de faire corps montagne et la pente, là on a vraiment l'impression de l'affronter et d'être dans un combat.
Au niveau de la deuxième gare du Jandri express il y a un replat avec même une petite descente, puis la pente reprend ses droits sur des pourcentages "humains" aux alentours de 9 % avant d'arriver sur une portion qui replate et grisante car on est vraiment dans la montagne et on pédale toujours. Dans cette zone j'ai aperçu des marmottes.
Le final est monstrueux à nouveau sans en donner l'air visuellement. Les pourcentages s'affolent de nouveau et sur le VTC je patinais énormément jusqu'à devoir mettre pied à terre sur quelques dizaines de mètres de nouveau.
J'étais dans le brouillard sur le final le jour où je l'ai monté mais au détour de la courbe finale, on se retrouve devant le glacier, c'est une sensation unique pour ma part. Voir toute cette étendue de glace millénaire devant soit avec son vélo. Et au loin bien sûr, les skieurs qui montaient avec les télécabines.
C'était dommage le brouillard sur le haut mais ce fut le seul jour de mon périple avec des nuages.

L'installation du Jandri express nous accompagne tout du long de la montée et c'est très moche pour le coup.

La descente est périlleuse et j'ai fait de longues portions à pied. Par ailleurs à cette période il y avait des travaux à la deuxième gare du Jandri express et il y avait un flux énorme de camions qui montaient et descendaient, c'était pénible dans la descente. J'ai fini couvert complètement de poussière, je ne m'étais jamais vu comme ça et je n'avais jamais vu mon vélo comme ça.

Une belle expérience qui donne l'impression d'aller sur une autre planète. Mais je n'ai pas d'envie particulière d'y retourner pour ma part.

A noter que l'on a un très beau point de vue sur le glacier de Mont de Lans et la Meije depuis la table d'orientation du col de Sarenne de l'autre côté de la vallée.

00:00:00Loic L

Le site Zanibike.net classe cette montée du glacier du Mont de Lans en 1ere position des montées françaises... loin devant le Mont Ventoux, qui passe pour un amuse-gueule !

Je divise cette ascension en 3 parties :

- la partie routière et asphaltée jusqu'aux Deux Alpes. Bon, pas soucis de matèriel, la route est superbe.

- Après la station, ça se gâte pour les cyclo-routiers : c'est une très belle piste bien "tassée" qui file vers l'Est en direction du télésiège "des Petites Crêtes". L'altitude est ici de 2200m et le panorama est vraiment splendide sur la station. Moi qui n'aime pas particulièrement les grosses stations, je dois reconnaître qu'elle est "jolie", entourée de montagnes !

J'invite les routiers à changer de pneus ( le 28mm doit passer).

- 3ème étape. On quitte doucement la verdure pour entrer dans la caillasse. Un gros secteur à 20% avant d'arriver près du col des Gourses (2550m). Ici, je m'aperçois que la nature a subi quelques "agressions". C'est un peu trop nivelé, trop lisse, trop propre. J'ai pas l'impression de vivre un moment magique en phase avec la nature ( comme le col de la Fauniera ou Derborence en Suisse).

Le dernier km est une horreur, c'est trop pentu, trop caillouteux (j'ai des pneus de 1.50, trop étroits). Je pousse le vélo en zigzaguant sur une piste de ski. Heureusement, la pente se radoucit dans les derniers mètres.

L'arrivée au glacier est une délivrance. Il fait 0°c en ce mois de septembre. Il y a vraiment beaucoup trop de ferrailles dans le coin pour sentir une communion totale avec la montagne. Et ce n'est pas le télésiège vers le sommet du Mont de Lans (3400m) qui va changer mon avis :-( Quelle horreur... un véritable massacre. La majorité des skieurs s'en foutent royalement ( quelle chance ont-ils d'être lobotimisés et insensibles).

La seule chose à faire, c'est d'oublier l'empreinte humaine. Alors, oui, cette ascension restera comme la plus difficile. Mais aussi la plus frustrante compte tenu du potentiel extra-ordinaire du site qui restera à jamais mal exploité.

C'est un choix que je ne partage pas.

00:00:00Vincent B

Sans préambule, la montée du col du Jandri est un truc de fou, de malade, un défi à faire une fois dans sa vie - mais à un moment où on est en forme et sûr de pouvoir y faire face. Ce n'est pas un col pour se tester, pour voir où vous en êtes au niveau forme ou un col où il faut emmener le vélo si vous n?êtes pas à 100%
J'ai monté les cols les plus longs en France (Galibier, Iseran, Madeleine, Croix de Fer...), les cols les plus pentus en France (Arnostéguy par Beillurti avec ses 6,5 premiers kilomètres à 13,6%, Errozaté...), je suis également grand maître du Grand Colombier. Et pourtant je n'ai jamais rien monté qui soit même comparable au col du Jandri.

Deux bémols cependant à ce que je viens de dire, mes grands cols je les ai montés en vélo de route, le col du Jandri doit se faire en VTT. Ne faisant quasiment pas de VTT, je n'ai pas certaines techniques qui m'auraient probablement simplifié la vie sur les portions les plus raides. Par ailleurs, mon VTT est un vélo tout simple d'entrée de gamme de décathlon et par conséquent très lourd. Il est probable qu'un expert en VTT avec un vélo plus léger que le mien souffrirait moins que moi. Mais dans tous les cas ça n'enlèvera rien à la difficulté du Jandri.

Quelques chiffres : la montée du Jandri à partir du Clapier, c'est 26,5 kilomètres de montée, avec les légères redescentes, c?est pas loin de 2500mètres de dénivelé (record en France ?) ? a noter par ailleurs que le profil est faux puisqu?il place le Clapier au départ à 950m alors qu?il en réalité plutôt à 750m. Mais les chiffres ne veulent rien dire. Ce n?est pas le col le plus long, ce n?est pas le col le plus pentu, c?est peut être le col avec le plus de dénivelé, mais j?ai fait beaucoup de sorties à beaucoup plus de 2500m de dénivelé qui ne m?ont posé aucun problème. J?ai enchaîné par exemple une semaine avant le Jandri les deux côté du col Agnel (dont le très difficile côté Italien), cela représente 3000m de dénivelé et c?est de la gnognotte par rapport au Jandri.

Et pourtant, au début ce n?est pas si dûr que ça. Au départ du Clapier, il y a à peu près 2,5 kilomètres sur la grande route du Lautaret. Partie probablement la plus désagréable avec une route très passante et un tunnel de 400m (mais qui est bien éclaire). Ensuite je tourne à droite sur une petite route (en ignorant le panneau les deux alpes qui indique tout droit et qui est la route principale passant par le lac du chambon) qui rejoindra la route principale vers les deux Alpes quelques kilomètres plus loin. Les premiers kilomètres sont aux alentours de 8-10% avant un long passage beaucoup plus plat sur une route en balcon avec une vue magnifique. Après avoir rejoint la route principale, je reste sur des pourcentages intermédiaires à 6-8% jusqu?à la station vers 1650m d?altitude. Au final sur cette portion je bénéficie d?une bonne route tout le long, et la montée ne me semble vraiment pas trop difficile (beaucoup plus facile qu?un Alpe d?Huez par exemple).

A la station je prends la route à gauche au niveau de l?alpe du Mont de Lans, puis à un moment je bifurque sur une petite route très pentue vers la droite. A ce stade je reste encore sur une route goudronnée pendant quelques centaines de mètres avant de tomber sur la piste qui me mènera jusqu?au glacier. Une fois sur la piste je suivrai la piste principale jusqu?au sommet, difficile de se tromper. Il y a régulièrement des panneaux représentant un VTT éléctrique.

La sortie de la station est bien pentue, puis je tombe sur environ 4km très réguliers entre 10 et 12%. Evidemment 10-12% sur une piste avec un VTT c?est difficile, mais ça reste largement gérable. La piste est plutôt bonne, pas mal de sable/terre/petits cailloux. De nombreux lacets me donnent l?impression d?avancer. Au bout de ces 4km je tombe sur une gare de télésiège et à ce moment là j?ai droit à un bon replat qui fait beaucoup de bien avant de voir la pente s?élever de nouveau mais avec des pourcentages raisonnables à 7% jusqu'à arriver à une deuxième gare de télésiège avec deux petits lacs sur la gauche.

A ce moment là, je suis à peu près à 2300m d?altitude, j?ai fait quasiment les 2/3 du dénivelé, il me reste environ 850 mètres de dénivelé. Personnellement, alors que d?habitude je ne m?arrête jamais dans un col, j?ai choisi ce moment là pour faire m?accorder une pause et me restaurer car je sais qu?il reste encore des passages difficiles. A ce moment là j?ai mes jambes qui tournent bien et je me suis honnêtement dit « bon ben finalement ce n?est vraiment pas aussi difficile que ça ». Un moment d?arrogance que je regretterai fortement par la suite?

Après une courte pause, j?attaque la suite. Il m?aura fallu à peu près 2 minutes pour comprendre que la fin du col n?a rien à voir avec son début. Je tombe immédiatement sur une rampe immonde que j?estime être à plus de 20%. La pente est tellement raide que le poids de mon corps et de mon vélo bascule vers l?arrière et la roue avant se décolle. Je me rattrape en posant le pied par terre et je redémarre? ou plutôt j?essaie. Sur des pentes pareilles avec les cailloux qui font patiner les pneux, impossible de redémarrer. Après plusieurs essais, je suis obligé de pousser le vélo sur une centaine de mètres jusqu?à un endroit où la pente se fait moins raide.

Sur le km et demi qui suit et qui m?amène à la gare « Jandri Express 2 », j?estime que je prends au moins 200m de dénivelé, malgré une succession continue de rampes immondes et de replats. Je comprends au fur et à mesure que sur les rampes il faut se mettre en danseuse et basculer son poids sur l?avant du vélo pour empêcher la roue avant de décoler, mais c?est un véritable exercice d?équilibriste car plus on penche son poids vers l?avant, plus la roue arrière patine. Autre solution, prendre la pente en zigzag, mais cela ne fonctionne que sur les sections où la piste est la meilleur. Bref en 1,5km j?ai du poser pied à terre de nombreuses fois et pousser le vélo 3 fois alors que je n?ai jamais poussé mon vélo de ma vie sur aucun autre col. J?arrive à la gare Jandri Express 2 exténué. J?ai terriblement mal aux jambes, terriblement mal au bras à force de faire basculer mon poids en danseuse et j?ai du mal à croire qu?un km et demi plus tôt j?étais en pleine forme. Je commence sérieusement à douter de ma capacité à arriver au sommet.

Heuresement après la gare Jandri Express 2 les km suivants sont légèrement plus faciles. On retombe sur des pourcentages difficiles mais plus humains. Il y a également quelques rampes immondes, mais de plus en plus espacées. Je profite de chaque replat pour tourner les jambes tout doucement et récupérer. J?arrive à un col intermédiaire, je redescends quelque peu, commencer à remonter jusqu?à un endroit où la piste est extrêmement large et je vois le restaurant au sommet du col du Jandri. Mon GPS est complètement détraqué à cet endroit, mais j?estime que le restaurant est à peu près à 200m au dessus de moi. Je dois donc être vers 2950 d?altitude. Je n?en peux plus et décide donc de m?accorder une deuxième pause à cet endroit.

Bien mal m?en a pris. Tant que je tournais les jambes la douleur restait supportable. A l?arrêt je ressens chaque muscle des jambes qui proteste et qui hurle. Je n?arrive plus à me baisser/redresser. J?essaie de me ravitailler mais impossible d?avaler quoi que ce soit y compris les abricots secs qui d?habitude passent tous seuls. Après 5 minutes de pause je repars.

Comme lors de l?arrêt précédent, une rampe horrible se dresse devant moi quasiment immédiatement. Je ne le sais pas encore, mais le prochain kilomètre sera à plus de 16% malgré de nombreux replats. A ce stade je n?y arrive tout simplement plus. J?ai mal partout, je suis épuise et combiné à l?altitude je n?ai plus trop la force de me mettre dans le rouge pour passer les passages les plus pentus sur le vélo. En plus la piste est beaucoup plus dégradée à cet endroit ce qui rend encore plus difficile le numéro d?équilibriste. Comme Loic L dans le commentaire ci-dessus, je pense que j?ai du faire une partie significative de ce kilomètre en poussant le vélo. Pour être honnête, même à 100%, je ne suis pas convaincu que j?aurais pu faire ces passages sur ce vélo. La fin est heureusement un peu plus plate et me permet de terminer sur vélo?

En haut, un mélange étrange. Si on arrive à faire abstraction de la mocheté directement sous nous yeux, il y a un panomara magnifique au loin. Mais pour France, je suis tellement épuisé que je n?en profite pas trop. Je ne m?imagine vraiment pas pouvoir faire la descente sur le vélo. Je ne suis pas un VTTiste, et les pentes sont vraiment trop élevées pour pouvoir faire une descente sereine, surtout dans mon état. De plus je ne suis vraiment pas équipé pour ce type de descente (vélo entrée de gamme, pas de protections comme les descendeurs de VTT que je croise depuis les deux alpes). Heureusement, en cette fin de mois de juillet, le télécabine fonctionne et je peux redescendre en toute sécurité aux deux alpes.

Pour finir, quelques conseils, si vous voulez tenter l'aventure mais n'êtes pas sûr à 100% de vous,
1 ? si vous n?êtes pas un VTTiste ne comparez pas les « stats » du jandri aux stats de vos cols habituels en vélo de route. Le VTT et la piste augmentent la difficulté de manière significative par rapport au vélo de route, et surtout il n?y a aucune route en France avec les pourcentages que vous rencontrerez sur le Jandri (même si les passages très pentus sont relativement courts). Non, pas même le première kilomètre du col Arnostéguy (à 18%), le Grand Colombier par Artemarre (km le plus dûr à 14,5% même si certains passages sont à 18%) ou la Bastille à Grenoble (15-16%)
2 ? si vous avez peu d'expérience en descente de VTT, montez le col en juillet/août afin de pouvoir redescendre par le télécabine (et vérifiez que le télécabine est ouvert). La descente est à mon sens très dangereuse pour un non-VTTiste et il serait dommage de ponctuer l'exploit de la montée du Jandri par une visite à l'hôpital.
3 ? si vous n?êtes pas sûr de pouvoir faire l?intégralité de la montée, démarrez des deux Alpes, vous économisez 900m de dénivelé. Sachez vous arrêter à temps si besoin est. La partie jusqu?au lacs est la partie « facile », si vos réserves sont déjà bien entamées à ce moment là, vous n?avez aucune chance d?arriver au sommet. Sachez donc rebrousser chemin avant d?être à un point physique où vous risquez de ne pas pouvoir arriver au sommet et donc d?être obligé de faire la descente sur le vélo à un moment où vous n?avez plus aucune lucidité. Si vous ne vous pas prendre de décision aux lacs, les 1,5 kilomètres après les lacs vous donneront une bonne idée de la difficulté finale du col. Après ces 1,5 kilomètres vous serez au niveau de la gare «Jandri Express 2 » et vous avez la possibilité d?abandonner à cet endroit et de redescendre par la télécabine.
4 ? Faites très attention au temps, ne partez pas s?il y a du vent de prévu ou le moindre risque d?orage. A ces altitudes ça ne pardonnerait pas. De plus, il peut faire très froid au sommet. Si comme moi vous êtes sensibles au froid, partez un jour où il fait très chaud, de préférence en milieu de matinée. Il ne fera pas encore trop chaud sur le bas de la montée et vous arriverez au jandri à l?heure où les températures sont maximales. Enfin il peut y avoir de la neige jusqu?à mi-juillet. Vérifiez bien que le col est ouvert avant de faire la montée si vous comptez monter avant cette date.
5 ? prévoyez suffisamment de temps et incluez des pauses. J?ai monté le Galiber en 2h27 sans aucune pause, il m?a fallu 3h45 pour le jandri (temps auquel il faut rajouter les 2 pauses ? probablement une grosse vingtaine de minutes). Et si en plus vous redescendez sur le vélo, vous pouvez en avoir pour TRES longtemps car à moins d?être un pro de la descente en VTT, vous ne descendrez pas vite sur ce type de piste.