Commentaires de Jacques T

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Carte des cols gravis


Liste des sommets franchis

Nom Altitude Massif Détails
Mont Ventoux 1909 m Provence

02:07:00Mont Ventoux depuis Malaucene (1909m)

Mon profil : 59 ans, ancien cycliste mais 35 ans sans vélo et heureux retraité. Je rattaque COOL, depuis le 1er janvier 2.400 km DONT O en juin et juillet et 1.000 en aout. Mon rêve : faire tous les H.C. de France à commencer par le mythique VENTOUX. Alors c'est parti en ce lundi 31 aout 2009, objectif, le doublé face nord puis face sud à la suite et en totale autonomie.
8H20 parking de Malaucène, grand beau temps, pas de vent (météo choisie, privilège de retraité). A la sortie du camping, les premières pentes sévères, voir + mais, pas d'affolement, pédaler "en dedans" en prévision... Très peu de voitures et pas encore de vélo en vue, calme et fraicheur, je me crois au paradis des cyclistes... Je hume les senteurs, défie la pente, admire ce paysage de provence qui sent bon le soleil... revenons à la pente, après ce premier épisode très pentu, quelques moments de répis bons à prendre puis une autre portion pentue et la borne : "pente 12% sommet 11 KM" me donne des frissons... lorsque je "récupère" un couple montant cool avec un triple, je me dis que mon 39X26 risque d'être un peu osé ! Enfin la pente s'adoucie sous le chalet Liotard, que du bonheur,un paysage fantastique "au dessus du mont serein" mais très vite il faut de nouveau "tirer dessus" c'est trés raide, le braquet trop gros, et lorsque subitement au détour d'un lacet on découvre, si proche mais si haut, l'antenne, le doute s'installe, découvrir "vue d'en bas" ces lacets qui paraissent autant de murs insurmontables donne de nouveau des frissons mais une inscription sur la route "Courage les Cinglés" m'encourage... le virage de l'observatoire, une relance en pente douce et un paysage époustouflant me font oublier la dure réalité de ce que je viens de franchir, puis la pente s'accentue encore et toujours jusqu'au sommet mais qu'importe, j'y suis et c'est avec beaucoup d'émotion que je pose pour la photo souvenir de mon premier H.C.(temps 2h07). Déjà le doute s'installe quant à la réussite de mon projet, comment vais-je pouvoir remonter ? Je me restaure, enfile le kway (indispensable il fait très frais malgré le soleil) et plonge sur BEDOIN, "debout" sur les freins, beaucoup de cyclistes, de voitures, surtout ne pas sortir de la trajectoire... Appuyé sur le panneau de fin de BEDOIN 31' plus tard, je me restaure, eau sucrée et bananes... puis malgré le doute, je recommence, aidé par une pente adoucie capable de "remettre" les muscles en place jusqu'au fameux virage de saint Esteve et là, calé sur le 39X26, à l'arrache je grignotte mètre par mètre, nez sur le goudron qui lui, disparait très vite sous les inscriptions de la dernière étape du tour. Ces inscriptions me sont un vrai dérivatif au début puis, très vite "me prennent la tête", rattrapé par la pente, je les oublie, mais que c'est dur, que c'est régulier, que c'est lancinant, du coin de l'oeil je scrute l'horizon afin de déceler le moindre fléchissement de pente mais que néni, la pente est dure, raide, régulière, je maudis ce braquet ! Un premier cycliste m'enrhume, puis un autre (plus calme), au total ce sont 8 confrères qui vont me faire admirer leur roue arrière... (je me dis qu'ils n'en sont peut être pas à leur deuxième montée, on se rassure comme on peut !) Cette portion ombragée et la quiétude des lieux malgré les(trop nombreuses) voitures (aux odeurs de freins cramés)ont du mal à faire oublier la rudesse de ce parcours dantesque. A 500 métres du chalet Reynard, enfin la pente semble se résigner, le coup de pédale s'arrondit, subitement s'allège : voici le chalet, puis le lacet suivant, découverte de la case déserte... Le mythe du mythe, bizarrement une pente humanisée, mais le mont chauve se rebiffe, "l'homme au marteau" passe à l'attaque : coup de froid, coup de chaud, en recherche d'oxygène, le coeur semble "déconner", par prudence, je mets pied à terre. Un oeil furtif sur l'antenne et cette vision me tétanise, si haut mais si proche, je ne peut caler si près, je repars cool cool, mais la pente se durcit encore, impossible d'être cool en ces lieux, je surveille mon corps, je tente de le ménager au max ! une brève halte pour saluer la mémoire de Tom SIMPSON (je revis la scène vécue en direct 42 ans auparavant devant ma TV) puis ce fameux dernier lacet, dantesque, sa pente, son soleil, (mais peu de vent) et plusieurs arrêts dans l'ultime km me permettent d'atteindre de nouveau la plateforme.(temps 2h19 hors arrêt des 3 derniers km car non comptabilisés) Nouvelle photo souvenir, re KWAY et "re-debout" sur les freins, me voilà 32' plus tard à Malaucène. Amis cycliste, si vous avez mon profil, banissez le 39X26, trop long, beaucoup trop long sur ce parcours... Alors, je suis fier et heureux et je pense à Charly GAUL et sa victoire de 1958, mythique CONTRE LA MONTRE du parcours BEDOIN/SOMMET réalisé en 1h02 avec, excusez moi, mais comparé au matériel à notre disposition aujourd'hui, UNE CHARRUE et pas d'EPO à diposition. Oui, cinglés sûrement, mais ceux qui n'ont pas vécus ces moments passent à côté d'instants magiques, moments de pur bonheur que les plus belles plumes ne peuvent retranscrire.